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La famille

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Nicolas
Jonas

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voir CV
ATER au département de sociologie de l'université Paris 10 Nanterre

« La belle-famille ; la parenté par alliance »

Directeur : Jean-Hugues Déchaux
Sujet de la thèse
 

Il n’y a pas si longtemps encore, les analyses des liens familiaux en sciences sociales se répartissaient en deux champs presque indépendants : les ethnologues travaillaient sur la parenté et les sociologues sur la famille au sens strict. Si cette réconciliation a eu lieu pour l’étude des liens consanguins, ce n’est pas encore le cas pour les liens affins. L’analyse de la parenté par alliance, elle, est toujours très majoritairement investie par les ethnologues travaillant sur des populations rurales traditionnelles peu représentatives de la population actuelle. Mais cette absence des sociologues sur cette question ne s’explique pas seulement par l’histoire des sciences sociales. Il existe également un obstacle culturel fort que relevait Louis Dumont dans son introduction à deux théories d’anthropologie sociale. Si, dans nos sociétés occidentales, l’alliance est dévaluée c’est parce que, dit-il, « les relations d’affinité sont passagères » : un allié est un parent consanguin pour la génération suivante.

Ce désintérêt des sociologues pour cette question est d’autant plus regrettable qu’avec les divorces, les recompositions familiales et le débat engagé sur les unions homosexuelles, l’alliance connaît de profondes modifications dans notre société.

Partant de ce constat mon travail consistera à élargir le thème traité lors de mon DEA (portant sur les beaux-frères et belles-sœurs) pour tenter de comprendre l’orientation matrilatérale des relations de parenté. Comment expliquer la matrilatéralité des liens familiaux si caractéristique des sociétés contemporaines ? Comment se positionne ego vis-à-vis de ses alliés ? Quel est le rôle du conjoint d’ego dans la régulation de ses liens affins ? Les remariages induisent-ils des liens affins moins investis ? Les foyers homosexuels sont-ils annonciateurs de nouvelles formes de parenté par alliance ?

Cet objectif principal sera précédé de deux objectifs intermédiaires. Le premier sera de caractériser le mieux possible la nature des liens affins en favorisant une approche de type structurale au sens de Radcliffe-Brown. Le second sera de revenir sur les analyses traditionnelles de l’économie informelle au sein de la parenté (échanges matériels et immatériels, sociabilité…) pour définir la place et la spécificité de chaque membre de la parenté par alliance d’ego dans la configuration d’un réseau ego-centré.

Pour atteindre ces différents objectifs, je mènerai une série d’entretiens semi-directifs qui chercheront à retracer au plus près les configurations familiales de chaque personne interrogée pour dresser de véritables monographies familiales. Cette campagne d’entretiens sera précédée d’analyses statistiques sur différentes enquêtes (proches et parents, PCV d’octobre 1997, contact, cadeaux…) dont certains aspects peuvent être rapprochés de notre sujet.