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Deuxième prix CNAF 2009
du meilleur mémoire
de troisième cycle

octobre 2009

 

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Mathieu
Ichou

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CV

Résumé

Allocataire de recherche - Contrat doctoral

« La création des inégalités ethnoculturelles d'éducation : étude comparative du rapport des familles immigrées à l'école en France et au Royaume-Uni
 »
Directeurs :Agnès van Zanten et Hugues Lagrange

Sujet de la thèse
 

PhD Project

La massification de l’enseignement secondaire et supérieur est une tendance lourde dans toutes les sociétés capitalistes développées. Néanmoins, cette augmentation quantitative du niveau général d’éducation n’est pas allée de pair avec une réduction sensible des inégalités des chances éducatives. L’existence et l’ampleur de ces inégalités, fondées sur la classe sociale, le genre ou l’origine ethnique, ont été maintes fois démontrées.

Dans l’analyse des inégalités sociales d'éducation, la distinction introduite par Boudon (1973) entre « effets primaires » et « effets secondaires » s’avère heuristique. Les effets primaires s’expriment dans le lien qui existe entre le milieu d’origine des élèves et leur niveau de performance académique. Les effets secondaires correspondent aux inégalités de carrières scolaires qui ne sont pas expliquées par les différences de niveaux de performances académiques. Il est en effet établi qu’à niveau scolaire identique, les enfants de milieux favorisés sont plus souvent orientés vers les filières les plus prestigieuses qui mènent aux études les plus longues.

Cette distinction a eu une certaine influence dans le champ de la sociologie de la stratification et de la mobilité sociale, mais est resté peu utilisée en sociologie de l’éducation, en particulier en France. Mais même quand elle l’a été, certaines questions sont demeurées en suspens. Premièrement, du fait de la prégnance de l’idéologie républicaine en France, l’étude des inégalités de niveau éducatif sur une base ethnique y a été très peu abordée, en particulier à cause du manque de données adéquates. Deuxièmement, jusque très récemment, aucune méthode statistique n’a permis de mesurer précisément l’importance relative des effets primaires et secondaires dans la production des inégalités éducatives. Enfin, les effets secondaires ont trop automatiquement été associés à la théorie des choix rationnels, sans que les processus qualitatifs qui les sous-tendent n’aient été finement étudiés.

L’objectif de ma thèse est de tenter d’apporter des réponses à ces interrogations en comparant les situations française et britannique. Pour ce faire, j’utilise des bases de données longitudinales comparables dans les deux pays et met à profit des méthodes statistiques nouvelles (Erikson, et al. 2005 ; Fairlie, 2005) pour calculer précisément l’importance relative des effets primaires et secondaires dans la création des inégalités éducatives. Même si les inégalités de classe et de genre seront bien sûr considérées, ce sont les inégalités ethnoculturelles qui sont au centre de ma thèse. Il s’agira également d’étudier qualitativement les mécanismes par lesquels les effets secondaires opèrent. Des entretiens approfondis avec des membres de familles immigrées de différentes minorités ethnoculturelles permettront d’analyser les processus par lesquels les aspirations scolaires et professionnelles des parents et des enfants et, plus généralement, leur rapport à l’école et à la société s’actualisent dans des choix éducatifs concrets. Ce faisant, j’examinerai si les explications en termes de choix rationnel suffisent à rendre compte des effets secondaires ou si la prise en compte de différences socioculturelles en termes de valeurs est également nécessaire.