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Pauline
Clech

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Allocataire de recherche

« Les mutations sociales de la banlieue parisienne »

Directeur : Marco Oberti
Co-directeur : Edmond Préteceille
Sujet de la thèse
 

« La » banlieue. Ce vocable singulier renvoie à une construction homogène de la réalité sociale. Une « minorité des pires » sert à caractériser de manière métonymique l’ensemble des populations vivant au-delà du périphérique. Une problématisation (au sens de Foucault) unique et unifiante caractérise cet espace social et urbain : peuplé de « classes dangereuses » en bas des échelles sociale et économique. Cela renvoie aux peurs sociales : qu’il s’agisse de la ceinture rouge menaçant la capitale ou de l’espace anomique où prévaut la galère.
Il faut d’ailleurs aussi interroger le rôle du champ scientifique dans l’élaboration des problématisations homogénéisantes : les grilles de lecture proposées contribuent aussi à créer, en nommant, la réalité sociale décrite (lecture en terme de classes sociales au sens marxiste ou tel que certains auteurs essaient de les redéfinir actuellement : « creative class », nouvelles classes moyennes urbaine… ou lecture en terme d’exclusion). Il faut donc au préalable s’interroger sur la dimension heuristique de ces concepts.
C’est précisément la problématisation actuelle, tant dans le sens commun que dans le champ scientifique, que j’entends déconstruire : sur quoi cela repose ? Quelle réalité sociale cela crée-t-il ? Cela permettra de voir la réalité sociale ainsi occultée qui, j’en fais l’hypothèse, est bien plus diverse et hétérogène. Qui sont les populations qui se côtoient en banlieue ? Populations issues de la « banlieue rouge », populations immigrées, précaires, mais aussi, avec l’extension des structures sociales et économiques parisiennes vers les communes de banlieue limitrophes, arrivée d’une population de gentrifieurs. Mes recherches porteront donc sur le peuplement de la proche banlieue parisienne populaire.
Qu’en est-il du vivre-ensemble ? Cela me permettra de tester le paradigme de la dualisation ou polarisation de la société, de la fragmentation sociale et urbaine.

Diversité de « la » banlieue et évolution contrastée, selon le type de gentrification, des municipalités élues, le poids de l’héritage industriel dans les structures économiques, la proximité avec Paris… le devenir de la banlieue populaire est à décliner au pluriel. Entre le modèle de la banlieue rouge et celui du « ghetto », quels modèles sociétaux peut-on voir se mettre en œuvre ?

Pour répondre à ces questions, je mènerai conjointement et de manière complémentaire des approches quantitatives (analyses factorielles, classifications, analyses textuelles) et qualitatives (monographie de trois communes de proche banlieue).