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Stratification sociale et rapports entre générations / Inscription spatiale des inégalités
Modes de vie, socialisation et déviances / Politiques et dynamiques éducatives
 

Alliance Visiting Professor
Columbia University

 

Les classes moyennes à la dérive

> English version <
 
 
Louis
Chauvel
Doctorat (U Lille,1997), Habilitation (IEP, 2003)
Professeur des universités à Sciences Po
Membre de l’Institut Universitaire de France
CV
louis.chauvel@sciences-po.fr Tél. 01 45 49 54 52
  http://louis.chauvel.free.fr
 
Recherches en cours
 

Principaux thèmes de recherche :
Générations, cohortes, classes sociales, stratification et différenciation sociales, inégalités, éducation, revenus, strobiloïdes, valeurs, suicide, sociologie économique, diversités régionales, comparaisons des sociétés européennes, États-Unis

Programmes en cours ou prévus :
Dynamique générationnelle et régimes d’Etats-providence
L’ouvrage Le destin des générations, structures sociales et cohortes en France au XXe siècle (Presses universitaires de France, 1998, 2e éd. 2002) a mis en évidence l’impact des fluctuations de l’histoire, des réformes sociales, scolaires et universitaires, et des variations de la conjoncture économique sur les « perspectives de vie » (Lebenschancen, Max Weber) des nouvelles générations venant à l’âge adulte, et les conséquences de long terme qui peuvent en résulter. L’exceptionnalisme ou la radicalité de l’expérience française en matière d’inégalités intergénérationnelles doit être confrontée à d’autres expériences nationales, de façon à comprendre les degrés de liberté et les voies de sortie d’une dynamique générationnelle insoutenable. Ce projet développe dans une comparaison internationale les formes d’inégalités intra- et inter- cohortes de naissance qui résultent des fluctuations économiques des dernières décennies.

Comparaison internationale des dynamiques de classes moyennes
L’ouvrage Les classes moyennes à la dérive (Chauvel, 2006) esquisse l’analyse des différences de morphologie et de dynamique des « classes moyennes » dans les pays développés. Il résulte de ce premier repérage l’indétermination apparente et l’extrême diversité des classes moyennes, la hiérarchie interne et la valorisation relative des capitaux économiques et des capitaux culturels variant considérablement d’un continent à l’autre. Quelle place les sociétés font-elles à leurs classes moyennes ? Comment se structurent-elles objectivement les le long d’une hiérarchie verticale des ressources, et d’une horizontalité des types de capitaux ? Qu’en est-il de leur conscience d’appartenance à un groupe spécifique ? L’écart saisissant, croissant, entre les sociétés européennes d’une part et les sociétés d’Amérique latine de l’autre, les États-Unis formant comme un mi-chemin, pose des questions centrales sur l’univers des possibles des classes moyennes. En lien avec des équipes de Chine, du Chili, des États-Unis, de Finlande, une comparaison permet cadastrer l’univers des classes moyennes dans la globalisation. Les données mobilisées consistent en des enquêtes nationales spécifiques complétant les données de l’International Social Survey Program, du Luxembourg income study project, ainsi que les extraits de recensements des différentes nations analysées.

Valeur sociale des études
Le déclin de la valeur sociale des études est une thématique présente en France comme dans tous les pays développés et au-delà. Depuis les travaux de Glaude et Gollac en France, ou de Richard Freeman aux Etats-Unis, de nombreuses analyses ont été développées, avec la production de résultats variables, parfois divergents, notamment parce qu’ils sont fondés sur des définitions et des méthodes distinctes (valeur absolue/relative des diplômes, âges de fin d’études ou titres scolaires, salaire ou positon sociale). Le débat qui en a résulté n’est donc pas stabilisé. Le projet a donc l’ambition de reprendre les données françaises et de comparer internationalement la façon dont les générations successives ont pu valoriser leurs investissements scolaires. Il s’agira ainsi de comprendre comment un titre donné permet d’aboutir à une position dans l’espace social, de repérer comment les cohortes successives ont vu varier le rendement de leurs titres, de mesurer le maintien ou non d’une hiérarchie des diplômes, et de comprendre comment l’expansion scolaire a pu interférer dans le processus d’accès aux places. Ces analyses seront fondées sur une comparaison internationale contrastée et raisonnée Avec la Suède, les Etats-Unis, l’Argentine, l’Espagne et la Hongrie.

Consommation et transitions générationnelles
L’ouvrage Le destin des générations, structures sociales et cohortes en France au XXe siècle (PUF 2002) a mis en évidence le fait que les transformations du système de stratification sociale transitaient pour l’essentiel par phénomène de remplacement des cohortes anciennes par de nouvelles, porteuses en quelque sorte d’un système spécifique de stratification. Ce résultat est établi pour les catégories socio-professionnelles. C’était le premier volet d’une investigation qui doit aborder maintenant la question de la structure et du changement des niveaux et des genres de vie, par génération et par classe. Ce second volet concerne donc l’analyse des budgets des ménages dans une approche initiée par Halbwachs (1912, 1933) qui appelait à dépasser la seule facette économique de la question des “ niveaux de vie ” pour y voir une dimension centrale de la stratification sociale : elle révèle, d’une part, la répartition sociale de la capacité à acquérir des biens et des services dans sa nature hiérarchique, et, de l’autre, la façon dont les différentes catégories sociales font un usage qualitatif de cette capacité, en fonction de leurs besoins et de leurs contraintes. Le second volet de cette investigation empirique du lien entre évolution du système de stratification sociale et succession des cohortes se fondera sur un gisement de données relativement insuffisamment exploité : les enquêtes Budgets des ménages (1979-1984-1989-1995-1999-2005), qui se prêtent à des analyses pseudo-longitudinales, permettant de repérer par cohorte les évolutions des différences quantitatives et qualitatives entre les strates sociales. Une autre dimension est le changement historique de long terme : sans compter les travaux de Engel, de Halbwachs, et des statisticiens sociaux du début du vingtième siècle, des enquêtes de budget sont en mesure de nous éclairer sur les mutations de long terme, et de situer les évolutions des quinze dernières années dans un contexte plus long du changement social.